Le noble inoubliable

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Par Kamel Mohanna

À notre bien-aimé, cher ami et estimé avocat Nabil Mashmoushi, pourquoi avez-vous teint nos jours de tristesse, abreuvé nos rêves de larmes, et sombré dans le silence alors que vous étiez l’un des orateurs les plus remarquables ?

Notre partenaire distingué dans l’aventure de la Fondation Amel International, chargé de ses affaires juridiques, président du Comité National de l’Accompagnement pour ses projets, contributeur à ses propositions de développement, engagé au service des pauvres, promoteur du développement communautaire et défenseur déterminé des idées progressistes et réformatrices. Votre souci constant était que la démocratie, la justice et les droits humains l’emportent. Vous avez porté l’idée du citoyen en tant qu’être humain, combattu tous les projets communautaires sectaires, rejeté toute manœuvre semant la discorde entre compatriotes, et partagé avec nous l’aspiration à garantir la dignité humaine à chaque personne déplacée, réfugiée, opprimée ou marginalisée.

Cher collègue et professeur estimé, Nabil Mashmoushi, vous étiez pionnier dans votre profession d’avocat brillant et distingué. Vous avez fondé votre cabinet avec un groupe de confrères respectés, gagnant un respect bien mérité — ferme quand il le fallait, souple selon les circonstances, capable de formuler avec habileté, précision et érudition des décisions basées sur votre vaste connaissance des lois, décrets et droits.

Vous ne vous êtes jamais limité aux limites de votre profession. Votre humanité, savoir et expertise ont rayonné au sein de la communauté. Vous avez contribué à la création d’associations et joué un rôle pionnier au service des habitants de votre ville, de votre région et de votre pays, vous efforçant d’atténuer, autant que possible, les problèmes d’une société en désespéré besoin de personnes comme vous.

Il nous attriste profondément qu’après tant de vitalité, vous soyez devenu un souvenir, laissant derrière vous un vide immense. Votre départ nous blesse, tout comme nous avons été meurtris il y a quelques mois par le décès de l’historien Dr Ibrahim Baydoun, notre partenaire dans la fondation d’Amel, de nos collègues le Dr Mustafa Hijazi, le psychologue, et l’honorable juge Rashid Mazhar. Avant eux, la disparition de notre grand maître, le Président Salim Al‑Hoss, ami de la fondation, suivie de notre cher ami George Corm, et encore avant eux, le soutien aux activités de la fondation à travers ses analyses et sa couverture médiatique, notre jumeau d’esprit, le Professeur Talal Salman.

Les amis tombent les uns après les autres, et les larmes coulent dans la tristesse — mais telle est la vie. Tout ce que nous pouvons faire est de continuer à donner. La fondation demeure, génération après génération, cherchant l’optimisme au milieu de toute la misère qui nous entoure, des déceptions qui frappent notre nation, de l’agression brutale israélienne qui a frappé le Liban, et des massacres sans précédent qui ont frappé Gaza et la Cisjordanie en notre chère Palestine.

Telle était votre conviction, et ce même optimisme était toujours scellé par votre sourire radieux alors que vous travailliez sans relâche pour atteindre vos objectifs. Vous avez tout donné, sans faillir, remplissant votre temps d’efforts. Aux côtés de la gestion de votre cabinet d’avocats florissant pendant 47 ans et la direction de la branche libanaise d’Oxfam, vous étiez un ardent défenseur de la création d’associations et institutions humanitaires, et vous avez renforcé leurs efforts. Malgré toutes ces lourdes responsabilités, votre présence dans notre fondation n’a jamais été marginale mais essentielle, significative et productive. Notre perte est immense en votre absence.

Adieu, noble âme inoubliable.

Publié dans le journal « Al-Akhbar » le samedi 22 mars 2025, numéro 5457.

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